Version voyageur


YVES MARTINET

DRAME DE GRISAILLE

poèmes



* * * *

à Isabelle
à Éric et Florence
et au ciel qui nous arrache les ailes


LA SOMNOLENTE CLEF


D’un voyage que je fis dans ma jeunesse
J’entends le souvenir des anciennes voix
Je redeviens sensible au lycée troublant
Et le seul visage que je me connaisse
A tant de peine déposée ici-bas
Je veux revenir et dormir sur un banc

Somnambules dans le convoi des adieux
Sur des routes allant à l’horizon noir
Vers la solitude où le soleil descend
Comme du charbon des montagnes mes yeux
Brillent tristement dans le noir du miroir
Et le train emporte mon rêve tremblant

Ne m’éveillez pas à la rentrée studieuse
Pluvieuses nuées porteuses des frimas
J’aimais les néons pensifs au soir tombant
Dans l’apesanteur des salles en couveuse
Le petit cartable a mal à l’estomac
Dis-moi d’où viennent les premiers cheveux blancs

Aux fleuves anciens stationnant sous l’orage
L’ébauche d’un cœur-à-la-flèche de craie
Et douce comme la plume y dessinant
Quand la page du ciel ploie sous les nuages
L’automne écolier assemble mon portrait
Au bout des couloirs emportés par le vent


SUIVANTS :

LES JOURS ET LES NUITS
LA VIE QUOTIDIENNE
DES AMBIANCES PERDUES
PLANÈTE DU RÊVE SUR LA TERRE DES BROUILLARDS
LES MÉDICAMENTS
LECTURE DE LA MAIN COUPÉE
EN CE BAS-MONDE
LA VIOLENCE
ON DIRAIT DES OISEAUX QU’ILS SONT UN HOMME ABSENT
PRISON D’ÉTHER
SONNET DE LA PORNOGRAPHIE LOINTAINE
PRÉFACE LE PENDU
DANS LE CIEL
ÉPHÉMÉRIDES


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